Une bonne nouvelle d'abord, il est possible de grimper toute l'année dans le Verdon, une mauvaise ensuite, il peut y faire (très) mauvais n'importe quand ! Ceci étant dit, il y a quelques généralités:

 

A partir du mois de juin, les températures peuvent être assez élevées. En choisissant des voies pas trop longues, il est toutefois possible de grimper au soleil en partant tôt (ici "tôt" signifie vers 7h30,8h... on est quand même pas des montagnards !), de façon à être sorti avant midi et la grosse canicule.

Comme la plupart des secteurs de l'Escalès passent à l'ombre à partir du début de l'après-midi, il est ensuite possible de partir vers 15h pour profiter des longues soirées et du vent qui se léve généralement en fin d'après-midi sur les crêtes; il peut alors faire assez frais !

En été, le secteur de l'Age de Raison (à l'ombre jusqu'en début d'après-midi), du Duc (jusque vers 16h), les secteurs en rive gauche (presque toujours ombragés) ou le grand Eycharme (à l'ombre dès le milieu de la journée), constituent de bons repaires... Dans l'Escalès le premier secteur à passer à l'ombre est celui d'Echologique,puis la Terrasse Médiane, Saut d'Homme, la Paroi Rouge, la dent d'Aire, Rivière d'Argent, les Ecureuils, la Dérobée, Surveiller-Punir et, à éviter en cas de forte chaleur, la Fête des Nerfs, qui prend le soleil fort et quasiment jusqu'au coucher.

 

 

En hiver, évidement, c'est l'inverse ! Il peut faire très froid la nuit, mais la région bénéficie souvent d'un gros anticyclone qui permet de profiter des secteurs bien exposés, particulièrement dans l'Escalès. La plupart des autres secteurs, plus encaissés, voient moins le soleil.

La neige tombe régulièrement, les sommets avoisinants sont généralement blanchis au moins en janvier et février, mais elle reste fort peu sur les falaises.

neige carelle

Du 15 novembre au 15 mars, la route des Crêtes, qui longe la falaise de l'Escalès, est barrée car non dégagée: passant à près de 1300m.la neige et les pierres s'accumulent vite ! Elle est interdite aux véhicules à la hauteur du secteur de Chrysalis, et jusqu'au chalet de la Maline. Pour l'essentiel des secteurs, l'accès est donc possible. Pour le reste, sauf en cas de chutes de neige importantes, elle reste souvent fréquentable, mais l'accès est toujours, officiellement interdit... Si on veut éviter les problèmes avec la maréchaussée (rares mais signalés...), il faudra donc marcher un peu pour accèder à certains secteurs (Eycharme, Dent d'Aire, Miroirs...).

 

Pendant toute l'année, le vent peut être un souci majeur, creusant le vide et compliquant les rappels... L'Escalès est généralement protégé du mistral (qui souffle ici du Nord-Ouest), pour peu qu'on descende un peu bas (sur les crêtes, c'est la misère !) et lorsque le vent souffle de l'Est, rares sont les secteurs abrités ! Les parties étroites du canyon, comme les Malines ou l'Imbut sont particulièrement infréquentables en cas de vent un peu fort...

 

En période d'ouverture la météo est affichée au Bureau des Guides. Les guides et BE locaux n'ayant pas de liaison directe avec le Tout-puissant, il est inutile de leur demander des précisions sur l'horaire exact des orages annoncés, sous peine de remarques ironiques, voires blessantes...

Les orages, fréquents au mois d'août, sont particulièrement dangereux pour peu qu'on se trouve à proximité des crêtes. De nombreux impacts de foudres sont régulièrement repérés en haut de la falaise, certains ayant même détruit des relais, des rembardes de belvédères, ou des grimpeurs...Plusieurs décés sont à déplorer, dont certains sur la route des Crêtes elle-même ! Contrairement à une légende, la foudre tombe souvent au même endroit (elle peut ainsi frapper plusieurs fois les mêmes individus, avec des conséquences surprenantes...)!

Comme en montagne, la plus grande prudence s'impose donc. L'orage peut arriver (et partir !) de façon étonnament rapide, d'autant qu' on ne voit souvent que la moitié du ciel !

 

Les intersaisons, printemps et automne offrent souvent des températures idéales pour grimper. Les couleurs de l'automne rendent les gorges vraiment magnifiques. Malheureusement ce sont aussi les périodes pendant lesquelles les perturbations s'installent... Il est toutfois difficile de généraliser davantage sans tomber dans la littérature d'anticipation...

D'une façon plus générale, ne jamais faire confiance à un local, (surtout agé) sur les questions de météo, sous peine de graves déceptions...

 

Après une forte pluie les parties de rocher gris séchent très rapidement (de l'ordre de quelques minutes) et le reste (rocher rouge ou jaune ne prend généralement pas l'eau). En revanche, les gros dévers, protégés des averses mettent parfois plusieurs semaines à sécher (Duc, Imbut...), de même que certaines lignes de fissures. Avant de descendre dans une voie, il est toujours prudent de se renseigner sur les échappatoires éventuels. Selon les endroits les degrés vont du "compliqué" (sortie dans une voie facile proche), à l' "impossible" (la voie ne part pas du sol ou d'un jardin d'ou il serait possible de rejoindre la terre ferme), le plus fréquent étant souvent le "désagréable" (sentier Martel en chaussons et concours de tee-shirt mouillé...)

Certaines voies (Spaggiari, Gueule d'Amour, Heavy Métal, Roumagaou, Péril Rouge, Mescalito...) sont largement protégées par des surplombs terminaux et ne prennent presque pas la pluie (étrangement, il s'agit souvent de voies des frères Rémy...).